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Abayas : le grand n’importe quoi !

Alors que des milliers de postes sont encore non pourvus en cette rentrée, que ce soit chez les enseignants, ou parmi le personnel de vie scolaire, médico-social, etc., la grande priorité du nouveau ministre, Gabriel Attal, est d’interdire les abayas. Cette annonce s’inscrit dans la campagne raciste et réactionnaire menée par l’extrême droite, relayée par le gouvernement pour détourner des urgences sociales. Ainsi, Éric Ciotti, le chef des Républicains, a annoncé vouloir expérimenter l’uniforme dans les collèges de son département, les Alpes maritimes. Louis Aliot, le maire RN de Perpignan, s’est lui aussi déclaré favorable à l’instauration de l’uniforme, au nom de… l’égalité !

Toutes ces déclarations ne font qu’alimenter une campagne réactionnaire de stigmatisation de la jeunesse, notamment celle issue de l’immigration. Et sur le terrain, elles ne font qu’ajouter des problèmes, déjà nombreux, pour les équipes éducatives. Car pour l’instant, il n’y a aucun texte légal légiférant sur les abayas, et notamment définissant précisément ce qu’est un tel vêtement. Le ministère, les rectorats et les chefs d’établissement renvoient à la loi de 2004… Des élèves qui pouvaient donc venir jusqu’à l’an dernier à l’école seraient en cette rentrée interdits d’accès au nom d’une loi qui s’appliquait déjà. Et sur quels critères donc vont être filtrés les élèves ? À cette question, dans certains établissements, les chefs ont assumé qu’ils filtreraient les élèves selon… leur appréciation personnelle ! Tout en rappelant que c’était le rôle de l’ensemble du personnel de veiller à l’application d’une loi… Mais alors si chacun a son « appréciation personnelle » de la loi, qui va juger de sa bonne application ?

Et d’ailleurs, concrètement, qui va filtrer les élèves à l’entrée des établissements ? Comme d’habitude, ce sont les équipes de vie scolaire, CPE et AED1, qui vont devoir assumer le « sale boulot ». Ou alors, comme au lycée Frédéric Mistral d’Avignon ce lundi 4 septembre, on fera venir la police pour filtrer !

Dans de nombreuses salles des profs, le personnel réuni en AG à la prérentrée a dénoncé ces annonces du gouvernement comme une manœuvre destinée à le diviser et à détourner l’attention des vrais problèmes. Dans certains établissements, les équipes ont déclaré qu’elles ne filtreraient pas les élèves et que ce serait aux chefs d’établissement d’assumer cette mesure.

C’est bien la voie à suivre : refuser la division, la stigmatisation d’une partie de la population, et se remettre en bagarre sur les vraies revendications qui unissent personnel, élèves et parents, contre le saccage du service public d’éducation.

Secrétariat éducation du NPA

 

 


 

 

1 Assistants d’éducation.