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Accidents du travail à la Timac : une condamnation ne suffira pas

Le 15 février, le tribunal de Saint-Malo a condamné la Timac et un de ses directeurs comme responsables d’un accident survenu à un ouvrier en janvier 2020. Cet ouvrier avait reçu l’ordre de descendre dans un silo très étroit où tournait une vis sans fin. Le dispositif qui devait automatiquement arrêter la vis à l’ouverture du silo n’avait pas fonctionné. De plus, il n’avait pas de pile de rechange, de sorte qu’il s’est retrouvé dans l’obscurité et a eu le bras broyé.

Il ne s’agit pas du premier accident dans ce groupe industriel et la Timac a déjà été condamnée quatre fois, notamment après un accident mortel à Bayonne, où un ouvrier avait été brûlé à l’acide en février 2016.

La Timac appartient au groupe Roullier qui fabrique des engrais chimiques, possède 109 usines dans le monde et réalise un chiffre d’affaires annuel de 40 milliards d’euros. Les conditions de travail sont malsaines et dangereuses dans l’usine de Saint-Malo où règne l’omerta. Il est très difficile d’obtenir des informations en l’absence de tout syndicat un peu combatif.

De plus, la Timac est un très gros pollueur. Des actions en justice sont en cours à Saint-Malo, à l’initiative d’associations d’habitants, mais elles traînent. Cette entreprise représente aussi une menace permanente en raison des quantités considérables de nitrate d’ammonium qu’elle stocke sur les quais du port – le produit qui a causé la catastrophe de Beyrouth en aout 2020 ! Pourtant, cette entreprise a toujours réussi à échapper à un classement Seveso qui rendrait incontournable, soit un déplacement de l’usine et des stocks, soit celui d’autres installations et habitations. Tout cela n’empêche pas la Timac de pratiquer le greenwashing, en vantant notamment le centre de recherches bio-marines qu’elle a créé à Saint-Malo.

La Timac écope donc une fois de plus d’une condamnation, mais celle-ci est dérisoire au regard de ses moyens : 40 000 euros d’amende pour l’entreprise et 1500 euros pour le directeur jugé responsable. Face à la passivité des autorités publiques, il n’y a que l’organisation des travailleurs et leur contrôle sur la production qui pourra imposer le respect des règles de sécurité.

Correspondant