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Apprentis précaires : augmentez les salaires !

Macron voulait atteindre un million de jeunes en apprentissage d’ici 2027. On en comptait 980 000 en décembre dernier, qui se forment et travaillent pour des salaires au rabais. Près d’une création d’emploi sur trois ces dernières années est un contrat d’apprentissage : derrière la diminution du chômage, il y a aussi l’augmentation de la précarité.

La plupart des nouveaux apprentis sont des étudiants en licence ou master, en alternance pour financer leurs études. Ils travaillent comme n’importe quel salarié… mais bien moins payés. Selon l’âge et l’année d’alternance, les jeunes ont droit entre 27 et 78 % du Smic. Soit de 470 à 1 360 euros par mois ! Les quelques branches où les salaires étaient calculés sur la base de minima conventionnels plus élevés, comme la restauration, ont depuis longtemps été rattrapés par l’indexation du Smic sur les prix.

Et le peu que touchent les apprentis est largement subventionné par l’État : près de cinq milliards d’euros ont été versés en aides aux patrons en 2022, en échange de l’embauche d’un apprenti. Primes ou exonérations, tout est bon pour Macron pour arroser les patrons d’argent public. Si les patrons font bosser les jeunes comme les autres salariés, alors qu’ils les paient comme les autres ! Et qu’ils les paient eux-mêmes : ce n’est pas aux travailleurs de financer par les impôts et taxes les formations que les patrons réclament au gré de leurs besoins en main-d’œuvre.
C’est sans parler des contrats d’apprentissage rompus du jour au lendemain par les employeurs, qui changent d’avis lorsqu’ils estiment qu’un apprenti n’est plus assez rentable. Résultat, à la rentrée, nombreux sont ceux qui se retrouvent sans alternance… et sans revenu pour payer leur loyer !

Parallèlement, l’enseignement professionnel ressemble de plus en plus à l’apprentissage, réformes successives obligent. Dans l’écrasante majorité des stages, les lycéens travaillent comme n’importe quel employé. Mais les gratifications, encore pires que les salaires d’apprentis, sont désormais entièrement payées par l’État ! C’est en cette rentrée 2023 que la dernière réforme entre en vigueur, avec le versement des premières allocations : 50 euros par semaine en seconde bac pro ou en première année de CAP, 75 euros en première bac pro ou seconde année de CAP et 100 euros en terminale bac pro. Beaucoup pensent que « c’est déjà ça de pris », surtout quand il faut payer les frais de transport pour des stages loin du domicile. Mais c’est oublier qu’un stagiaire n’est pas supposé travailler, mais se former en présence permanente de son tuteur.

Le gouvernement est aux petits soins pour le patronat : non seulement les patrons bénéficient d’une main-d’œuvre gratuite, mais ils déterminent selon leurs intérêts le contenu des formations. Attention tout de même, les jeunes pourraient en tirer des leçon de lutte de… classe.

 

 

(Article paru dans Révolutionnaires numéro 6, octobre 2023)