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Artistes du Sahel en France : les couacs du gouvernement

Acte 1 – Dans un courrier envoyé par les directions générales des Affaires culturelles (Drac) aux établissements culturels subventionnés par l’État, il leur est explicitement demandé de « suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute coopération avec les pays suivants : Mali, Niger, Burkina Faso… sur instruction du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères » et de mettre un terme immédiatement aux projets de coopération avec les artistes originaires de ces pays d’Afrique qui ont le tort d’avoir mis en place des régimes hostiles à Paris. Ce qui signifie que de nombreux théâtres et festivals vont devoir chambouler leur agenda et leur programmation au plus vite.

Acte 2 – Cette décision provoque un tollé dans les milieux culturels et dans un communiqué le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles réagit avec stupeur face à ce « message au ton comminatoire ». Il demande en outre « la tenue d’une réunion immédiate avec le Secrétariat général du ministère de la Culture pour que les arguments des professionnels soient écoutés et que la solidarité de la France à l’égard des artistes soit affirmée avec force ».

Acte 3 – Rétropédalage de la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, qui affirme avoir été mal comprise (comme d’habitude, pourrait-on dire). La ministre se défend de tout « boycott » à l’égard des artistes originaires du Sahel et affirme que ceux déjà en France pourront continuer de travailler. Une nouvelle directive en ce sens devrait être envoyée aux établissements et associations culturels.

Il n’empêche que dans cette cacophonie gouvernementale, la volonté de faire payer aux artistes africains les déboires de l’impérialisme français au Sahel, une vengeance à la fois odieuse et minable, semble un peu trop évidente.