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Carburants : l’arnaque de la « vente à perte »

Élisabeth Borne a dégainé son arme fatale. Au lieu d’octroyer une nouvelle ristourne à la pompe aux automobilistes, pour lutter contre la hausse de prix du carburant, elle va demander aux pétroliers et à la grande distribution de vendre « à perte » à partir du 1er janvier prochain, et ce pour une période de six mois. Pour la majorité des 11 000 stations services que compte le pays, cela ne va pas changer grand-chose. TotalEnergies, qui contrôle 3 400 points de vente sous contrat, avait déjà annoncé auparavant qu’il plafonnait le prix des différents carburants à 1,99 euro. Sans que cela écorne ses bénéfices. Les grandes surfaces (Carrefour, Leclerc, Intermarché, Casino, etc.) utiliseront l’essence comme produit d’appel dans leurs 5 200 stations pour inciter les clients à venir faire leurs courses chez eux… en compensant les baisses sur les carburants par une hausse des prix des autres produits. Les seules qui risquent vraiment d’être coincées sont les 2 400 stations indépendantes, surtout implantées en milieu rural, et dont les ventes d’essence représentent de 60 à 70 % du chiffre d’affaires. Pas sûr qu’elles ne puissent vendre longtemps à perte sans couler. Pourtant il y aurait une solution beaucoup plus simple et plus rapide : supprimer les taxes sur l’essence. Aujourd’hui, sur un litre de sans-plomb 95, vendu 1,961 euro à la pompe, les taxes représentent près de 52 % du total (1,018 euros), le carburant lui-même 36,10 % (0,708 euros€) et le coût de distribution 12,30 % (0,235 euros). En résumé, à chaque fois que l’on passe à la pompe, l’État s’en met plein les poches. Et ça va continuer…