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Ce gouvernement fait les poubelles de l’extrême droite

Avec cette « note de service » interdisant le port de l’abaya et des qamis dans les établissements scolaires, le nouveau ministre de l’Éducation et son chef Macron ont fait leur rentrée sous le signe du racisme et de l’islamophobie. Lors d’une interview réalisée sur la chaîne du youtuber HugoDécrypte le 4 septembre, Macron n’a pas hésité à faire le lien avec le terrorisme islamiste : « Nous vivons aussi dans notre société avec une minorité, des gens qui, détournant une religion, viennent défier la République et la laïcité. Ça a parfois donné le pire. On ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas eu d’attentats terroristes et Samuel Paty ». En juin dernier, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, dénonçait de son côté le port de l’abaya comme façon de « tester les défenses immunitaires de la nation ». En désignant les jeunes filles qui la portent comme des virus ou des parasites ? En écho à une vieille rhétorique de l’extrême droite caractérisant les juifs comme des « corps étrangers » à la population française ? Macron et Bardella fouillent dans les mêmes poubelles de l’histoire.

Voilà aussi le vieux refrain de l’uniforme à l’école. Le RN est à fond pour, Louis Alliot, le maire de Perpignan aussi. Attal parle d’« expérimentation », Macron « de tenue unique », de « jeans, tee-shirt, veste »… Espérons qu’ils ne vont pas nous imposer le style d’une des écoles privées les plus chics de Paris, l’École Alsacienne, où Attal a fait sa scolarité ! Et attention, un uniforme peut en cacher un autre, car avec la généralisation du SNU (nouvelle formule de service militaire), gare au vert kaki pour les lycéens, en plus du bleu marine.

Et puis toujours la rengaine d’un référendum sur l’immigration ! Dans sa lettre aux partis politiques réunis avec lui à Saint-Denis, Macron a annoncé que « la question de l’immigration sera traitée d’une part au parlement dès cet automne au travers du projet de loi du gouvernement, d’autre part à travers la question du référendum et des changements de la constitution éventuels précédemment évoqués »

Un référendum sur l’immigration ? Tiens donc : c’est précisément ce qu’a défendu Jordan Bardella, toujours à Saint-Denis avec Macron. Il a même suggéré qu’il se tienne au même moment que les élections européennes de juin 2024. Au petit jeu du « dis-moi oui, dis-moi non… » et sans être champion en droit constitutionnel, on sait que l’embrouille réside dans la question. Sommes-nous pour un monde sans barbelés ni frontières, où toutes et tous nous pourrons circuler et vivre dignement de notre travail ? Réponse : « oui » ! Mais quelles questions seront posées par Bardella et Macron ?

La loi « immigration », le hochet agité par Darmanin depuis un an, n’a pas pu être votée, essentiellement en raison de la mobilisation sur les retraites. Le gouvernement est pris entre deux feux : d’un côté une « régularisation dans les métiers en tension », pour satisfaire les intérêts du patronat qui veut disposer de la main-d’œuvre qualifiée plus pérenne qui lui fait défaut dans certains secteurs, et de l’autre un rejet de toute régularisation qui lui assurerait le soutien des Républicains au parlement pour une éventuelle majorité.

En attendant, Élysée et Matignon rivalisent dans le lancer de bombes puantes racistes et xénophobes. Manœuvres indignes de diversion ! Pour masquer le désastre d’une politique au service des patrons du CAC 40. De l’air, de l’air, parlons plutôt salaires !

Marie Darouen

 

 

(Article paru dans Révolutionnaires numéro 5, septembre 2023)