Nouveau Parti anticapitaliste

Nos vies valent plus que leurs profits

Contribuables ordinaires pour le fisc, clandestins pour la préfecture

Un sujet du dernier numéro du magazine télévisé Envoyé spécial sur France 2 s’intitulait « Sans-papiers mais pas sans travail » et s’intéressait à ces salariés qui travaillent, paient leurs impôts, cotisent à la Sécurité sociale, mais sont toujours considérés comme « illégaux » par la police et la justice. On estime entre 400 000 et 1 million le nombre de ces travailleurs sans papiers qui sont employés dans les services à la personne, dans l’arrière-cuisine des restaurants, dans la filière agricole, sur les chantiers du bâtiment, chez les artisans… Les journalistes ont pris comme exemple une auxiliaire de vie d’origine camerounaise en France depuis dix ans. Sans titre de séjour, il est en théorie illégal de l’embaucher, mais elle a signé un CDI il y a trois ans sous son vrai nom. Chaque jour, elle prend soin d’une dizaine de personnes dépendantes. Dans ce secteur des services à la personne, où 25 000 postes sont à pourvoir, les femmes sans papiers sont très nombreuses. En travaillant de 9 heures à 19 heures, six jours sur sept, elle gagne 1 700 euros net par mois. Elle paie des cotisations sociales et des impôts, mais n’a droit ni à la Couverture médicale universelle, ni à la carte Vitale. Elle reste clandestine aux yeux de la préfecture, qui lui a délivré une obligation de quitter le territoire français. La seule façon de résoudre ce genre de situation ubuesque et profondément injuste, qui concerne un grand nombre de travailleurs, est de lutter pour la régularisation immédiate de tous les sans-papiers, et pas seulement ceux dans les métiers « en tension ».