Nouveau Parti anticapitaliste

Nos vies valent plus que leurs profits

COP 28 à Dubaï : au paradis des pollueurs !

En 2015, la COP 21 accouchait en grande pompe de l’accord de Paris, finalement signé par la quasi-totalité des États de monde. Il s’agissait de limiter la hausse moyenne des températures mondiales à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, essentiellement en diminuant rapidement l’emploi des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel), principaux responsables de l’effet de serre. On allait voir ce qu’on allait voir !

Eh bien, on a vu : la hausse des températures s’établit aujourd’hui à 1,4 °C, niveau prévu par l’accord pour… 2100 et file gaillardement vers les 5 °C à la fin du siècle. Quant aux émissions de CO2, loin de diminuer, elles ont augmenté de 7 % depuis 2015.

La COP 28 se réunit dans une des villes les plus polluées du monde, Dubaï, capitale économique d’une fédération parmi les principaux producteurs de pétrole et de gaz, les Émirats arabes unis, et est présidée par Ahmed al-Jaber, PDG de l’Adnoc, la société pétrolière locale. Ça annonce la couleur ! Comme les années précédentes, les ONG s’agitent dans le vide et l’impuissance, tandis que les représentants des sociétés capitalistes – plusieurs milliers, dont des centaines rien que pour le pétrole – font des affaires et que les gouvernants et autres professionnels du mensonge occupent le devant de la scène avec leur cinéma hypocrite. Macron a même poussé le ridicule jusqu’à appeler les pays du G7, les sept les plus pollueurs au monde, à abandonner le charbon d’ici 2030, pour « montrer l’exemple », a-t-il dit sans rire.

Alors, COP ou pas COP, les catastrophes naturelles vont continuer à se multiplier et à s’aggraver. Du moins jusqu’à ce que les travailleurs et les travailleuses du monde débarrassent la planète du capitalisme, ce système irresponsable qui n’est mû que par la loi inflexible de l’accumulation immédiate du profit privé, et s’emparent collectivement de l’économie pour la gérer en fonction des possibilités de la nature et des besoins de l’humanité.

Michel Grandry

(Article paru dans le numéro 8 de Révolutionnaires)