Nouveau Parti anticapitaliste

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Derrière les annonces mensongères : toujours des postes supprimés ou non pourvus, et des heures d’enseignement en moins !

En décembre dernier, Attal, alors encore ministre de l’Éducation nationale, s’était gargarisé d’annoncer des créations de postes, « une première depuis 2017 », et contrairement à ce que prévoyait au départ le projet de loi de finances 2024.

Il faut dire qu’au départ le gouvernement prévoyait pas moins de 2193 suppressions de postes : 1709 dans le premier degré, et 484 dans le second.

Attal se félicite d’avoir ramené les suppressions dans le premier degré à… 650. Le gouvernement justifie ces suppressions par la baisse démographique. C’est vrai que tout se passe si bien dans les écoles ! 28 % des classes ont des effectifs supérieurs à 25. La fable des CP à 12 s’est depuis longtemps évaporée. Quant à la « continuité pédagogique », ce sont des milliers d’heures perdues du fait du manque de personnel pour assurer des remplacements… Et malgré ces 650 suppressions de postes, il faudra financer les nouvelles mesures annoncées par Attal : dédoublement des grandes sections dans les REP, scolarisation des moins de trois ans dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, ainsi que tous les dispositifs liés à « l’école inclusive », c’est-à-dire pour pouvoir accueil les élèves en situation de handicap. Autrement dit : autant d’annonces dans le vent, qui sans moyens promettent un grand n’importe quoi à la rentrée !

Comme le collège est désormais la nouvelle lubie du gouvernement, Attal a annoncé le jackpot pour les collèges et lycées : 2330 postes supplémentaires ! Sauf qu’en réalité, 1500 de ces postes sont le simple redéploiement des emplois qui servaient jusqu’à présent à la mise en place de l’heure d’approfondissement et de soutien en 6e, dispositif supprimé. Donc en réalité ce sont seulement 830 emplois qui sont créés. Or, ces 830 emplois sont destinés à mettre en œuvre les « groupes de niveau » en collège. Le SNPDEN, le syndicat des chefs d’établissement, a estimé que pour mettre en place ces groupes, il faudrait… 19 000 postes supplémentaires !

En ce moment sont décidées les « Dotations horaires globales », les moyens en heures d’enseignement pour chaque établissement, qui conditionnent pour chacun les créations et fermetures de postes. Et dans beaucoup d’établissements, ces DHG sont catastrophiques. En collège, le nombre d’heures financées est très insuffisant pour assurer la mise en place des groupes de niveau. Les établissements devraient donc supprimer des options, des dispositifs mis en place depuis des années, pour financer ces groupes. Et en lycée, c’est la saignée : certains établissements perdent jusqu’à 120 heures !

Et pendant ce temps-là, la crise de recrutement est loin d’être réglée : cette année encore, faute de candidats, le ministère a encore dû repousser la date limite d’inscription aux concours. Il est fort à parier que cette année encore, de nombreux postes ne soient pas pourvus au concours. Et comment s’en étonner, alors que les salaires stagnent, et que les conditions de travail se dégradent d’année en année ?

Contrairement aux annonces en grande pompe du ministère, ce qui risque de se passer à la rentrée, c’est bien que des milliers d’élèves se retrouvent sans professeur devant eux à la rentrée, dans des classes surchargées, avec des dispositifs et des options supprimées à la pelle.

Alors, oui, il faut se mobiliser pour un plan d’urgence pour l’éducation, pour recruter des dizaines de milliers d’employés nécessaires, pour l’augmentation massive des salaires et l’amélioration des conditions de travail, seule solution pour pallier la crise de recrutement. C’est bien pour ça que le personnel de l’éducation sera en grève le 1er février !

Aurélien Perenna