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En pleine offensive réactionnaire, les jeunes migrants ne se laissent pas faire !

Deux jours avant le vote de la loi Darmanin-Le Pen à l’Assemblée, le 17 décembre 2023, la préfecture de police de Paris devançait le gouvernement en expulsant violemment 200 jeunes migrants isolés de leur camp de fortune du pont Marie à Paris.

Dans l’offensive anti-pauvres, les populations migrantes font déjà partie des principales victimes, les mineurs représentant une des catégories les plus vulnérables. Comme tous les migrants, afin de fuir les conflits et la pauvreté, ils se retrouvent confrontés à l’enfer de la traversée vers l’Europe, dans des conditions extrêmement dangereuses. Une fois arrivés ils se retrouvent harcelés par la police française, alors même que l’État reconnaît le droit à une protection aux mineurs « y compris les enfants demandeurs d’asile, réfugiés ou migrants ».

Cependant, sur les près de 25 000 mineurs non accompagnés présents en 2023 dans l’Hexagone, des milliers sont abandonnés à leur sort par l’État qui diminue les aides, entraînant l’établissement de quotas, voire la suspension de l’accueil du fait du manque de logements et de personnel, comme dans l’Ain ou le Territoire de Belfort. Cette situation est aggravée par la multiplication du recours aux « tests osseux », censés déterminer si les migrants ont bien moins de 18 ans. Ces tests, peu fiables, participent aux humiliations imposées aux jeunes migrants n’ayant souvent aucune possibilité de prouver leur âge. En ce sens, l’interdiction de la mise en détention de mineurs dans les centres de rétention administratifs présente dans la loi Darmanin ne change rien (la mesure ne sera appliquée qu’en 2027 à Mayotte, où la grande majorité y est enfermée !).

Face à l’acharnement raciste et anti-pauvres, la seule solution pour ces jeunes est de lutter ! Lutter en occupant des lieux publics comme en juin dernier, où 450 adolescents restèrent pacifiquement sur la place du Palais-Royal à Paris pour exiger leur mise à l’abri, ou refuser les expulsions comme à l’université Paul-Sabatier de Toulouse.

Anton Ulaan

(Article paru dans Révolutionnaires, numéro 9, janvier 2024)