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Guerre d’Ukraine, une catastrophe pour les peuples jouets et otages des grandes puissances

Le communiqué final du sommet du G20 qui s’est tenu à New Delhi, en Inde, n’aura pas condamné explicitement l’agression de la Russie contre l’Ukraine, provoquant la colère de Zelensky. Les grandes puissances émergentes du G20, pour certaines d’anciennes colonies des puissances occidentales, n’ont pas la même façon de voir que les États-Unis et la coalition d’États que ces derniers ont réunie autour de la défense de l’Ukraine pour les besoins de leur guerre par procuration contre la Russie et, à plus long terme, contre la Chine. Biden, un des jusqu’au-boutistes les plus acharnés de la prétendue guerre de libération, a consenti au compromis, montrant ainsi le peu de cas qu’il fait des droits du peuple ukrainien qu’il prétend défendre. La guerre n’est pour lui qu’un instrument pour négocier les rapports de forces avec ses rivaux et concurrents, la continuation de sa politique économique par les moyens militaires.

Quant au tyran Poutine, il prétend faire de ses succès aux élections locales en Russie et dans les régions du Donbass annexées à la Russie une approbation de sa sale guerre et une caution démocratique de son pouvoir, alors que toute opposition est bâillonnée, toute expression critique de la guerre réprimée et que des milliers de personnes ont été condamnées à des peines lourdes pour ce motif. Sa guerre contre l’Ukraine est aussi sa guerre contre les classes populaires de Russie.

Un horrible massacre

Cette guerre autour de laquelle se jouent les rapports de forces et les alliances entre puissances et États capitalistes, est une guerre sans fin ni limites, une escalade militaire meurtrière et sanglante qui broie les populations. Les positions des deux armées se sont stabilisées le long d’une ligne de front de près de 1 000 kilomètres, à l’est et au sud de l’Ukraine, une guerre de tranchées comparable à celle de la Première Guerre mondiale.

Les chiffres des pertes humaines sont tenus secrets par les responsables des deux camps, mais, au mois d’août, des officiels américains, témoignant sous le sceau du secret dans le New York Times, ont fait état de 500 000 morts et blessés parmi les soldats des deux camps. Un chiffre terrible auquel il faut ajouter les morts et les blessés dus aux bombardements russes sur la population civile ukrainienne, comme le carnage ayant fait au moins 17 morts sur un marché à l’est du pays, non loin de Bakhmout, visé délibérément par une frappe de missile russe.

La corruption et ce qu’elle révèle

Financée généreusement par les dollars américains, la guerre nourrit au sein de l’État, de l’armée et des privilégiés du régime, les patriotes de fonction, une vaste corruption. Ces dernières semaines, Zelensky a entrepris de faire du ménage dans l’appareil d’État ukrainien. Un récent sondage indiquait que la corruption est la préoccupation no 2, après la guerre, de la population ukrainienne. Et apprendre qu’un colonel chargé du recrutement s’est offert pour 4 millions d’euros une villa en Espagne, alors que les hommes de toutes les classes d’âge sont réquisitionnés de force pour être envoyés à l’abattoir sur le front, n’incite guère au patriotisme. La plupart des officiers chargés du recrutement se faisant offrir des pots-de-vin par des hommes voulant échapper à la mobilisation, Zelensky les a tous congédiés. Il a aussi, tout dernièrement, remplacé son ministre de la Défense, Reznikov, qui avait couvert la surfacturation de vivres et de vêtements vendus à l’armée trois fois leur prix normal. Il a enfin lâché son parrain Kolomoïsky, l’oligarque puissant dans les médias, qui lui avait mis le pied à l’étrier du temps où il jouait les amuseurs dans les fêtes des dignitaires et capitalistes aussi bien russes qu’ukrainiens.

C’est que cette bourgeoisie ukrainienne est très comparable à sa consœur russe, issue pour l’essentiel de la même bureaucratie de l’ancienne URSS, et s’étant enrichie de la même manière en dépeçant toute l’économie du pays, les entreprises, parfois machine par machine et pièce par pièce. Elle s’est vendue au plus offrant, a été inféodée à qui lui assurait le plus de prébendes, d’abord au pouvoir de Moscou, puis à l’Union européenne, et maintenant aux USA et à l’Otan. Elle ne souhaite pas l’arrêt de la guerre car celle-ci lui rapporte gros. Comme les classes possédantes et les dirigeants du monde entier, comme la bourgeoisie russe et son fondé de pouvoir Poutine, Zelensky et la bourgeoisie ukrainienne n’ont que faire des intérêts de leur peuple, soumettent la population ukrainienne aux privations et à la loi martiale…

Il n’y a qu’une issue progressiste à cette situation et à ce carnage, le soulèvement des travailleurs russes et ukrainiens contre leurs propres dirigeants, leur fraternisation, la guerre contre leurs exploiteurs. C’est bien cette guerre de classe, internationaliste, pour la paix et la démocratie qui est la nôtre.

Galia Trépère