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Guingamp, 12 janvier au tribunal : « Qui sème le 49.3, récolte la colère ! »

Manifestation du 1er mai, Guingamp

Vendredi 12 janvier 2024, trois militants de la CGT Guingamp étaient convoqués au tribunal dont notre camarade Gilles, militant du NPA et syndicaliste CGT à la CAT Transdev 22, pour répondre de « violences » sur les gendarmes de cette même ville et entrave à la circulation routière et ferroviaire. Violences très relatives, car aucun n’a été blessé… si ce n’est dans leur orgueil, délit qui n’est pas mentionné dans le Code pénal. Les cégétistes incriminés avaient « déposé » ou « jeté » des sacs poubelle en direction d’un cordon de gendarmes bloquant l’accès à la sous-préfecture.

Les faits se sont déroulés lors des manifestations du printemps 2023 contre la réforme des retraites. Les manifestations particulièrement suivies avaient rassemblé près de 20 % de la population autour de Guingamp (environ 50 000 habitants). Menées par une intersyndicale unie et offensive, une quinzaine de manifestations ont émaillé le mouvement, avec un nombre de grévistes significatif.

La tension est montée, comme partout dans le pays, après l’adoption de la loi via le 49.3. Le 28 mars, suite à une provocation de la sous-préfecture qui prétendait fixer les modalités du parcours de manifestation, l’intersyndicale a été « débordée » par les 2 000 personnes présentes. Un cordon de gendarmes a été assailli à coup de sacs « poubelles », qui n’étaient plus ramassés pour cause de grève. Manifestement « vexées », la gendarmerie et la justice ont lancé une enquête et convoqué quatre militants pendant l’été, dont trois ont passé une matinée en garde à vue.

Les trois militants ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et 200 euros d’amende chacun. Rappelons que près de Guingamp, à Morlaix, en fin d’année, cinq militants ont aussi écopé de 250 euros d’amende et un sixième de 500 euros. Tous des syndicalistes également. Un pouvoir autoritaire qui glisse naturellement vers une politique de plus en plus ouvertement réactionnaire et n’a plus pour seule perspective que le rapport de force. C’est ce même rapport de force que défend notre parti en plaçant au centre des mobilisations l’urgence révolutionnaire !

Correspondants, 16 janvier 2024

(Article paru dans Révolutionnaires, numéro 9, janvier 2024)