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Inondations : face à l’incurie des pouvoirs publics, les gens s’organisent

Vendredi 12 janvier se tenait à Arques une réunion du collectif « Soulèvements des eaux de France » avec une vingtaine de présents, militants associatifs et habitants sinistrés.

L’urgence de faire face aux inondations met en cause toute la politique d’aménagement du territoire, l’agriculture, l’urbanisation, l’entretien des réseaux de gestion des eaux. Elle pose la question de la manière dont la société doit faire face au changement climatique qui va aggraver considérablement les problèmes.

Les habitants sinistrés sont des « réfugiés climatiques ». Il va désormais falloir « faire avec la nature et pas contre la nature ». Certains militants travaillent sur la question depuis des années. Combiné au savoir des habitants eux-mêmes, le niveau d’expertise de ceux qui étaient présents est énorme. On sent que toutes les solutions sont à portée de main, à portée d’une autre gestion de la société qui serait bien différente de celle d’aujourd’hui, où ce sont de grands propriétaires fonciers et des industriels, ou leurs représentants, qui siègent à la tête des commissions diverses de gestion des eaux, dans les intercommunalités, dans tout le mille-feuille étatique où ce sont toujours leurs intérêts qui sont défendus.

Donner le pouvoir aux gens présents, c’est-à-dire aux classes populaires et au prolétariat, ça tombe bien, c’est exactement notre projet de société ! Même si on est encore loin d’un mouvement de masse, un petit côté Gilets jaunes faisait bien plaisir, ces moments où les gens se retrouvent vraiment dans la panade, mais produisent des solutions géniales et où l’on sent qu’ils seraient à même de refaire le monde d’une tout autre manière. Alors bien sûr, pour l’instant, le pouvoir on ne l’a pas. Il était donc surtout question de faire pression sur les élus, sur les décideurs, sur les assureurs pour que la population ne soit pas de nouveau la laissée-pour-compte de toute cette catastrophe. Et autant dire que la liste des problèmes est longue comme le bras.

Les assureurs ne veulent d’ores et déjà rien lâcher. Des contrats d’assurance sont résiliés. Les prix augmentent considérablement. Et la valeur des biens est divisée par deux. C’est la double peine pour les habitants dont certains voudraient partir et d’autres rester.

Deuxième priorité, le logement. Beaucoup vivent encore dans des logements insalubres, exposés aux risques d’incendie, d’effondrement, de maladie à cause de l’humidité. Et, jusqu’à maintenant, aucune solution d’envergure n’est proposée pour reloger les gens dans des conditions sûres.

Le sous-dimensionnement des pompes d’évacuation des eaux date de… 2002 ! Plus de 20 ans ! Mais rien n’a été fait depuis. Comme l’a dit un des militants : « Dans la sixième puissance mondiale, on sait fabriquer des armes, mais pas des pompes ! »

« Pour ne pas revivre ça, pour pouvoir vivre décemment dans nos logements », comme le stipule l’appel à manifester samedi 13 janvier dans la commune de Blendecques, les gens s’organisent. Des pétitions sont lancées, pour faire pression sur les assureurs, sur les élus, pour l’urgence immédiate comme pour des solutions de long terme nécessitant de repenser toute la politique d’aménagement du territoire. Parce que c’est là que vivent les gens, les classes populaires de la région, et qu’il va bien falloir s’adapter pour continuer à y vivre. Et, pour cela, il faudra faire changer les choses en profondeur, car c’est bien toute une organisation sociale et sociétale qui est en question.

Correspondants

(Article paru dans Révolutionnaires, numéro 9, janvier 2024)