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La Poste – PIC de Cestas : débrayages à répétition

Au cours du mois de janvier, les postiers qui trient le courrier à la plateforme industrielle de Cestas, à côté de Bordeaux, ont multiplié les débrayages d’une heure. En tout, 75 collègues ont participé au moins une fois aux huit débrayages. Particulièrement mobilisés dans la brigade du matin, les grévistes mettent en avant la question des salaires en demandant 400 euros de plus sur la fiche de paie.

La solidarité dans l’action

Ces débrayages ont permis de multiplier les discussions entre collègues et de s’affirmer comme un groupe solidaire les uns des autres. La direction leur a systématiquement proposé de rencontrer une délégation. Mais comprenant qu’il n’y avait aucune proposition concrète à attendre de ces rencontres, les grévistes ont décidé à plusieurs reprises de laisser mariner les hauts-cadres dans leurs bureaux et de rester groupés entre travailleurs.

S’adresser aux postiers des autres PICs

La question de l’extension du mouvement s’est posée assez vite dans les discussions. Car pour obtenir des augmentations substantielles, de nombreux postiers ont conscience qu’il faudra un mouvement général, dans toutes les PICs et bien au-delà. Les grévistes ont donc mis à contribution les précieuses heures gagnées sur la production pour s’adresser aux autres postiers, à travers des vidéos qui appellent à amplifier le mouvement. Le message a rapidement tourné dans certaines des 26 PICs de France, avec la proposition de faire des débrayages communs le 6 février.

Le 6 février, on débraye et le 15 on continue

Le mouvement ne touche pour le moment qu’une minorité, même à Bordeaux, et la possibilité que la grève s’étende reste incertaine. Pourtant, les grévistes de Bordeaux ont montré que des postiers pouvaient s’adresser directement à d’autres postiers, à plusieurs centaines de kilomètres de distance. Et qu’à seulement 75 grévistes, ils pouvaient raviver l’idée que la colère devient vite contagieuse. Ce petit élan est déjà venu secouer l’apathie des directions syndicales, notamment de la CGT Fapt qui s’est empressée d’appeler à une date de grève sur les salaires le 15 février. Une nouvelle date après celle du 6 février qui ne peut qu’encourager à poursuivre le mouvement.

Correspondants

 

 

(Article paru dans Révolutionnaires numéro 10, février 2024)