Nouveau Parti anticapitaliste

Nos vies valent plus que leurs profits

Le douteux soutien d’une partie du monde de la culture à Gérard Depardieu

Dans une tribune publiée dans Le Figaro une cinquantaine d’artistes prennent la défense de Gérard Depardieu, visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles. De plus les propos obscènes sur les femmes et les fillettes qu’il a tenus à la mi-décembre devant les caméras d’un numéro du magazine télévisé Complément d’enquête ont encore aggravé les choses. Qu’importe. Les signataires – parmi lesquels des acteurs (Nathalie Baye, Pierre Richard, Charlotte Rampling, Benoît Poelvoorde), des chanteurs (Jacques Dutronc, Carla Bruni, Roberto Alagna, Arielle Dombasle), des réalisateurs (Bertrand Blier, Nadine Trintignant, Francis Veber) – n’ont pas un mot pour les plaignantes et estiment que celui qu’ils appellent « le dernier monstre sacré du cinéma » devrait se voir épargner toute critique jusqu’au moment où il sera jugé. Il pourrait dire et faire n’importe quoi, il serait à l’abri de toute critique. Et les auteurs de poursuivre sur un ton grandiloquent : « Lorsqu’on s’en prend ainsi à Gérard Depardieu, c’est l’art que l’on attaque. […] Se priver de cet immense acteur serait un drame, une défaite. La mort de l’art. » L’art existait avant Depardieu et continuera d’exister après lui. Heureusement. Mais ce que les signataires n’acceptent pas, ou ne comprennent pas, ce qui revient au même, c’est qu’aujourd’hui les propos et les attitudes sexistes d’une personnalité publique ne passent plus auprès d’une partie grandissante de la population. Et c’est une bonne chose.