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Liban : l’impérialisme français a misé sur le mauvais cheval

L’impasse politique reste totale au pays du Cèdre, où le Parlement a échoué pour la douzième fois en sept mois à élire un président de la République. Le poste est vacant depuis la fin du mandat de Michel Aoun, le 31 octobre 2022. Les 128 députés, réunis pour une douzième séance électorale, devaient départager Sleiman Frangié, un ancien ministre de l’Intérieur proche de Damas, chef d’une milice chrétienne, soutenu par le Hezbollah, le mouvement politico-militaire chiite, et Jihad Azour, un ancien ministre des Finances qui était jusqu’à la fin de la semaine dernière directeur régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au FMI. Ce dernier avait largement l’appui de la communauté sunnite. Il a obtenu 59 voix contre 51 pour son concurrent pour lequel Paris n’avait pas caché sa préférence. Il n’y a pas eu de second tour faute de quorum, les députés de l’opposition ayant quitté le Parlement en signe de protestation. C’est dans ce contexte que l’ex-ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, nommé il y a quelques jours « envoyé personnel pour le Liban » d’Emmanuel Macron, doit se rendre à Beyrouth la semaine prochaine pour « faciliter une solution consensuelle et efficace » pour sortir le pays de la crise. Quelle bonne blague ! Dans un pays miné par la crise économique et sociale, déchiré depuis des décennies par les questions confessionnelles et dont la classe politique est corrompue à l’extrême, l’impérialisme français tente au mieux de faire de la figuration dans le seul État du Moyen-Orient au sein duquel il conserve une certaine influence en tant qu’ancienne puissance mandataire. C’est pas gagné !