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Maroc : le Code de la famille va évoluer. Mieux vaut tard…

Les autorités du royaume chérifien ont lancé des consultations devant durer six mois pour réformer la « Moudawana », c’est-à-dire le Code de la famille, vingt ans après une première refonte qui a été très loin d’assurer l’égalité femmes-hommes. En 2004, un nouveau code de la famille avait offert des avancées comme la responsabilité conjointe des deux époux, le droit pour la femme de demander le divorce ou encore des restrictions au mariage des mineures et à la polygamie. Mais aujourd’hui nombre de discriminations continuent d’exister notamment en matière de succession, la fille n’ayant droit qu’à la moitié de ce qu’hérite le fils. Le mariage des mineures est aussi l’une des questions les plus controversées. Si la « Moudawana » a porté à 18 ans (au lieu de 15) l’âge légal du mariage des femmes, les dérogations sont monnaies courantes. Censées être exceptionnelles, elles atteignent des niveaux très élevés puisque qu’officiellement « près de 85 % des demandes présentées entre 2011 et 2018 ont été approuvées »… généralement contre le versement de pots-de-vin par les pères ou les futurs maris. Les restrictions à la polygamie sont également facilement contournées. Enfin, le droit de tutelle des enfants, automatiquement attribué au père, est un autre écueil de la législation actuelle, notamment en cas de divorce, selon les défenseurs des droits des femmes. Une mère divorcée a ainsi besoin de demander l’accord de son ex-conjoint pour les plus simples démarches administratives concernant son enfant, comme l’inscrire à l’école, voyager avec lui ou le faire soigner. En cas de remariage, elle s’expose également au risque de perdre sa garde dès l’âge de sept ans si le père en fait la demande. Comme on le voit, les féministes ont encore du pain sur la planche pour faire entrer le pays de plain-pied dans le 21e siècle.