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Massacres à Gaza : l’armée israélienne intensifie sa politique terroriste

À l’occasion d’une « visite » à ses troupes à Gaza, le Premier ministre israélien Netanyahou a expliqué : « Nous intensifierons les combats dans les jours à venir et cela sera une longue guerre qui n’est pas près de finir. »
Intensifier les combats ? Pour qu’il ne reste pas pierre sur pierre dans les villes et les villages de la bande de Gaza ? Après deux mois et demi de bombardements barbares, ce « travail » est déjà largement entamé.

Après avoir déplacé près de deux millions de Gazaouis dans le sud, vers la frontière égyptienne, l’armée israélienne pilonne désormais Khan Younès et Rafah, les grandes villes du sud de Gaza. Les bombardements du 26 décembre y ont fait des dizaines de morts. La veille, le bombardement d’un camp de réfugiés au centre de Gaza avait fait soixante-dix victimes. On a largement dépassé les 20 000 morts, sans compter les disparus dont les corps sont sans doute toujours sous les décombres.

Les dirigeants israéliens, Netanyahou en tête, disent faire la guerre au Hamas. Mais c’est à la population de Gaza qu’ils font la guerre. Avec des déclarations en forme d’aveu. C’est ainsi que Netanyahou a expliqué lors de sa visite à Gaza : « Le Hamas doit être détruit, Gaza doit être démilitarisée et la société palestinienne doit être déradicalisée. » Ce que veulent les dirigeants israéliens et, au-delà d’eux, les dirigeants des puissances impérialistes qui se tiennent derrière l’État israélien, c’est une population gazaouie terrorisée, à qui l’on pourrait imposer d’être parquée dans un territoire encore plus petit que la bande de Gaza, voire tout simplement chassée, une issue clairement envisagée par les dirigeants israéliens. Selon le quotidien israélien Haaretz, Netanyahu souhaite « encourager » la migration « volontaire » des Palestiniens hors de Gaza : « Notre problème n’est pas de savoir s’il faut autoriser une sortie, mais s’il y aura des pays qui seront prêts à absorber une sortie. »

Dans le même temps, en Cisjordanie, des colons fanatisés s’en prennent aux Palestiniens avec la bénédiction du gouvernement israélien et l’appui de son armée qui arrête à tour de bras des militants palestiniens. Depuis le 7 octobre, selon des ONG palestiniennes, les exactions des uns et des autres ont fait plus de 300 morts, tandis que 4 575 Palestiniens ont été arrêtés. Là aussi, il s’agit d’intimider la population pour qu’elle comprenne bien que ce que l’armée israélienne fait à Gaza, elle peut le faire à Ramallah. En attendant, la Cisjordanie « palestinienne » ressemble de plus en plus à un gruyère tant les colonies israéliennes s’y multiplient, chassant les Palestiniens de leurs terres.

Les dirigeants israéliens et ceux des puissances impérialistes occidentales qui se tiennent derrière eux savent très bien que la soumission obtenue par la terreur ne peut durer qu’un temps assez court. Ils savent très bien que les massacres d’aujourd’hui feront se lever des combattants de demain. Mais ils sont persuadés que ces combattants seront aiguillés sur des voies de garage et qu’il leur sera toujours possible de recommencer à massacrer et terroriser : la mainmise impérialiste sur les peuples du monde ne peut tenir que par le déploiement d’une violence permanente et toujours plus intense. Répression, soumission, révoltes, répression… De tout temps, les oppresseurs ont toujours fait confiance à ce triptyque qu’ils croyaient sans fin… jusqu’à leur chute.

L’indifférence des dirigeants israéliens au nombre de morts englobe les otages détenus par le Hamas depuis le 7 octobre et dont plusieurs ont été tués par leurs bombardements. Netanyahou commence à faire face à la montée de la colère dans une partie de la population en Israël, une colère dont on peut espérer qu’elle aboutira à une prise de conscience de l’impossibilité d’espérer un jour une paix en massacrant les Palestiniens et en imposant des souffrances sans fin aux survivants.

Il faudrait que cette colère débouche sur une remise en cause de la politique sioniste : face à un Netanyahou qui veut « déradicaliser » la société palestinienne, l’urgence est plutôt de « débarbariser » l’État israélien !

Marie Darouen et Jean-Jacques Franquier

Voir aussi : Puissances impérialistes : phrases humanitaires creuses et soutien bien réel à l’État israélien