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Rassemblement des AESH en grève à Bourgoin-Jallieu

Ce mardi 13 juin, quatorze accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH, anciennement AVS) du Nord-Isère se sont retrouvées à l’occasion de la grève nationale contre le dernier projet du gouvernement, la fusion de leur métier avec celui des assistants d’éducation (AED), c’est-à-dire les « surveillants ». Deux métiers qui n’ont rien à voir, mais qu’importe pour le ministère dont le seul objectif est de faire des économies…

Certaines AESH, car il s’agit bien souvent de femmes, sont dans le métier depuis plus de quinze ans, pour des salaires à peine au-dessus du SMIC. Elles témoignent de la dégradation de leurs conditions de travail et, du même coup, d’accueil des élèves en situation de handicap. Il est par exemple de plus en plus fréquent qu’une AESH doive s’occuper de deux ou trois élèves en même temps.

Leurs contrats de travail sont à temps partiel, de 20, 24, 27 ou 30 heures. Cela ne compte que les heures avec les élèves, et pas toutes les heures « à-côté », notamment celles nécessaires au temps de formation sur les différents handicaps pour que l’accompagnement se fasse réellement au cas par cas. Depuis 2019, des « heures connexes » leur sont également payées, soi-disant pour prendre en compte ces heures en plus. Mais il arrive que leur quota soit dépassé voire que l’administration des établissements en fasse un usage abusif, par exemple en comptant les heures passées en sortie scolaire comme « connexes » alors qu’il s’agit pourtant d’un réel accompagnement !

La fusion des AESH et des AED n’est donc que la nouvelle technique trouvée pour réduire les moyens dans l’Éducation. À Bourgoin-Jallieu, après s’être rendues au pied de l’immeuble du Dauphiné libéré, le journal local, pour faire connaître leur combat, les grévistes du jour discutent de la suite. Pour tenir en échec le ministère la lutte doit continuer, pourquoi pas aux côtés des autres métiers de l’Éducation dans le viseur, eux aussi, des coupes budgétaires !

Bastien Thomas