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Réforme du RSA : le gouvernement fait la chasse aux précaires

Alors que les associations d’aide alimentaire tirent la sonnette d’alarme parce qu’elles ne peuvent plus faire face à la demande, le gouvernement Borne-Macron, avec la complicité de la droite et l’approbation cachée de l’extrême droite, s’apprête à aggraver encore la précarité avec la réforme du RSA (prétendu « revenu de solidarité active ») et la loi dite « plein emploi ».

Les responsables de cette réforme obligeront les allocataires du RSA, sous peine de sanction, de travailler gratuitement 15 à 20 heures par semaine, exceptées – dans leur grande bonté ! – les personnes qui souffrent d’un mauvais état de santé et les parents isolés (le plus souvent des femmes) « sans solution de garde pour un enfant de moins de 12 ans ». Rappelons que le RSA rassemble près de 1,9 million de foyers (4 millions de personnes avec les familles) et que, fin 2021, 60 % des allocataires n’étaient pas ou plus inscrits à Pôle emploi. Le montant du RSA est de 607 euros pour une personne seule, 1 040 euros pour une mère isolée avec un enfant et 1 093 euros pour un couple avec un enfant. Sauf que ces montants sont amputés des allocations ou même des aides exceptionnelles de parents ou grands-parents. C’est ce que constatent les associations d’aide aux plus démunis par cette réforme du RSA déjà à l’expérimentation dans certains départements.

Ceux qui ne sont plus inscrits à Pôle emploi et qui n’ont pas répondu à temps aux injonctions de réinscription ou d’effectuer les démarches d’insertion voient leur RSA réduit de 80 % jusqu’à ce qu’ils entrent dans un processus d’accompagnement. Mais de quel accompagnement parle-t-on, quand on propose à l’allocataire de faire à 20 ou 30 kilomètres pour « une activité de 20 heures » alors qu’il ou elle n’a pas de moyens de transport ou se trouve dans l’impossibilité de faire garder ses enfants ? Quand il s’agit de SDF qui ne reçoivent évidemment jamais leur courrier ? Qui plus est quand ce sont des prestataires privés qui appellent les allocataires avec des numéros privés ? De l’autre côté de la chaîne, les salariés de Pôle emploi et des caisses d’allocations familiales dénoncent depuis des années le manque de personnel pour mener à bien leurs missions et accueillir dignement ces personnes.

En stigmatisant les précaires et les demandeurs d’emploi, le patronat, avec la complicité de l’État, en profite pour mettre aussi la pression sur les travailleurs qui touchent des salaires de misère, sous des contrats toujours plus précaires.

On ne peut plus vivre dans cette société-là ! Tous et toutes ensemble, organisons-nous pour la dégager !

Sylvie Quevily

 

 

(Article paru dans Révolutionnaires numéro 6, octobre 2023)