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Russie : Poutine n’aime pas trop la concurrence

À l’occasion des prochaines élections présidentielles, qui se dérouleront le 17 mars 2024, Poutine a d’ores et déjà annoncé, sans surprise, qu’il allait se représenter. Il a donc commencé à sélectionner des candidats croupions qui lui donneront la réplique, feront de la figuration mais n’auront, bien sûr, aucune chance de l’emporter. Mais une candidate risquait de perturber cette consultation jouée à l’avance. Ekaterina Dountsova, une journaliste de 40 ans exerçant dans la ville de Rjev (région de Tver, à l’ouest de Moscou), avait décidé de faire acte de candidature en dénonçant, à mots couverts vu la censure, la guerre d’Ukraine et en réclamant la libération « des prisonniers politiques ». Inconnue du grand public et boycottée par les médias officiels, elle a réussi à susciter un enthousiasme et une curiosité inattendus dans une frange de l’opinion. Trois cent mille personnes se sont, par exemple, abonnées à sa chaîne Telegram et des centaines avaient fait la queue, le 17 décembre à Moscou, pour intégrer son groupe de soutien. Ce qui a valu à certains d’être interrogés par la police. C’en était trop pour le maître du Kremlin. La commission électorale a refusé d’enregistrer la candidature de Dounstova en invoquant des « erreurs dans des documents ». Ce prétexte a largement été utilisé ces dernières années pour faire taire les opposants, notamment Alexeï Navalny interdit de se présenter en 2018 avant d’être empoisonné puis envoyé dans un camp au délai du cercle polaire. De quoi décourager les opposants.