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Suicide du professeur Mégnien : l’AP-HP responsable et coupable

Le 17 décembre 2015, un cardiologue, le professeur Jean-Louis Mégnien, s’est jeté par la fenêtre du septième étage de l’hôpital parisien Georges-Pompidou (AP-HP) où il travaillait. Ce suicide sur son lieu de travail a suscité une très grande émotion non seulement dans cet établissement, mais dans l’ensemble des hôpitaux.

L’épouse du professeur Mégnien a porté plainte, une enquête a été ouverte pour harcèlement moral suivie d’une information judiciaire.

L’ancienne directrice de l’hôpital ainsi que trois professeurs comparaissent depuis le 31 mai 2023 pour cette affaire devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le professeur Mégnien s’est suicidé après son retour d’un arrêt maladie de neuf mois, alors qu’il avait trouvé son bureau du septième étage déménagé. C’est de ce même étage qu’il s’est suicidé après avoir déboulonné la fenêtre. Un geste qui en dit long !

Selon l’accusation, « le climat sur le lieu de travail, une stratégie d’isolement et de mise à l’écart, une limitation des moyens matériels et humains ont porté gravement atteinte aux droits du Professeur, à sa dignité et à son avenir professionnel ».

Ses collègues eux-mêmes avaient, à l’époque du suicide, dénoncé cette placardisation et ces méthodes : manœuvres et maltraitance pour que le poste de chef de service de médecine cardiovasculaire lui échappe. La lutte des places, à l’hôpital comme dans les entreprises, même au plus haut niveau, est impitoyable.

Une enquête a été ouverte par l’inspection du travail, dont le rapport indique que le cardiologue a bien été victime de harcèlement moral ayant conduit au suicide. Il conclut à un « homicide involontaire ».

La directrice de l’hôpital, malgré cela, avait reçu le soutien du directeur de l’AP-HP, Martin Hirsch, qui affirmait « qu’elle avait fait l’objet d’attaques infondées, parfois avec des procédés déloyaux » et lui avait publiquement rendu hommage. Une façon de nier les responsabilités des directions en reprenant à son compte ce vieil adage qui veut que la meilleure défense soit l’attaque ?

Une stratégie de défense qui ne doit pas nous tromper : les responsables de ce suicide sont sur le banc des accusés.

Paul Galler