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« Un prof devant chaque classe » : enseignants et parents en lutte pour le droit à l’éducation à Gennevilliers (92)

Gabriel Attal assurait « mettre le paquet » et garantissait, avec Macron en écho, « un professeur devant chaque classe ». Assurément, il a mis le paquet pour flinguer la rentrée de pas mal d’élèves. Notamment à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine, ville populaire classée aux deux tiers en éducation prioritaire et où tous les indicateurs sociologiques et scolaires sont dans le rouge carmin.

Depuis le 4 septembre, 200 enfants de 12 écoles sont touchés par une absence totale ou partielle de maître ou maîtresse devant la classe. Il s’agit soit de postes vacants, soit d’absences longues prévues depuis des mois, donc qu’il aurait été possible d’anticiper. Face à l’hécatombe scolaire et sociale, les parents ont rapidement tiré la sonnette d’alarme. Les habitudes prises l’année dernière lors des mois de mobilisation contre la carte scolaire se sont réactivées : l’expérience d’une lutte commune entre parents et enseignants, soutenus par la municipalité, s’est jointe à la colère.

La première occupation d’une classe par des parents d’élèves s’est heurtée à la menace d’une inspectrice de faire appel aux forces de l’ordre – ce qui a renforcé la détermination. Les blocus sont devenus quotidiens sur un groupe scolaire. Une journée de grève suivie par plus de la moitié des enseignants et enseignantes, épaulée par une opération « école morte » initiée par les parents a paralysé le fonctionnement de sept écoles. Cinq semaines après la rentrée, la lutte a payé : des remplaçants ont commencé à être nommés sur la ville.

Mais un seul de ces remplacements est prévu pour toute l’année. C’est pourquoi, dès la semaine de la rentrée de novembre, parents et enseignants prévoient de se retrouver en assemblée générale pour décider de nouvelles initiatives. D’ici là, chaque jour, le décompte des absences non remplacées se poursuit, mobilisant parents comme enseignants.

Armelle Pertus