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Violences sexuelles : seules 5 % des femmes victimes ont porté plainte en 2021

Selon une enquête du ministère de l’Intérieur, visant à étudier le « vécu et ressenti en matière de sécurité », seules 5 % des femmes victimes de violences sexuelles ont porté plainte en 2021. Ces violences ont concerné 247 000 victimes en 2021 dont 88 % de femmes et 60 % de moins de 25 ans. Les deux raisons les plus fréquemment citées par les victimes pour ne pas avoir fait de déclaration auprès de la police ou de la gendarmerie sont qu’elles considéraient que l’atteinte subie n’était pas assez grave (25 %) et que cela n’aurait servi à rien (24 %). Les personnes concernées ont également tendance à penser que leurs témoignages ne seraient pas pris au sérieux (16 %), ou voulaient éviter que cela soit su (10 %). D’autres raisons sont citées dans l’étude, notamment le fait d’éviter des épreuves supplémentaires, de trouver une autre solution, de ne pas vouloir avoir à faire avec la police ou la gendarmerie, d’avoir eu une mauvaise expérience lors d’une déclaration passée, ou d’avoir peur des représailles. Dans un rapport publié fin septembre, la Fondation des femmes fustigeait « l’écart abyssal entre les dépenses de l’État et les besoins nécessaires en matière de violences conjugales, sexistes et sexuelles ». Dans ce document extrêmement précis, l’organisation affirmait qu’il faudrait entre 2,6 et 5,4 milliards d’euros pour lutter efficacement contre l’ensemble de ces violences, alors que l’État n’a dépensé en 2023 que… 184,4 millions d’euros. Pas étonnant que les victimes se sentent abandonnées par les pouvoirs publics.