Nouveau Parti anticapitaliste

Nos vies valent plus que leurs profits

Y’a de l’électricité dans l’air !

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, vient d’annoncer une hausse de presque 10 % des tarifs de l’électricité. Il justifie cette augmentation par la fin du bouclier tarifaire (baisse momentanée des taxes) qui était censé compenser l’augmentation brutale des prix de l’énergie ces dernières années. En clair : l’État compte bien récupérer les taxes qu’il n’a pas perçues ces deux dernières années, les cadeaux fiscaux c’est l’apanage du patronat ! En réalité le prix de gros de l’électricité a été divisé par plus de deux depuis un an. Il est bien difficile de justifier la hausse des tarifs à la consommation, d’autant plus dans un contexte où nos salaires rament derrière une inflation persistante.

Bien que l’État français soit récemment redevenu l’actionnaire exclusif d’EDF, cela ne protège en rien le portefeuille des travailleurs. En effet, avec une dette de 64,8 milliards d’euros et des centrales nucléaires à la peine, EDF, ses dirigeants et l’État comptent bien renflouer les comptes sur notre dos. Mais comment ont-ils pu en arriver là ?

Dans une économie où toute production est bonne à être mise sur le marché de la concurrence pour offrir de nouveaux débouchés à quelques gros actionnaires et spéculateurs, EDF, tout autant que les divers fournisseurs et opérateurs privés qui ont depuis fleuri, est soumis à l’anarchie du marché capitaliste. Ainsi, depuis la dérégulation du marché européen de l’électricité et son ouverture à la concurrence en 1996, l’État français, via le mécanisme de l’ARENH adopté en 2010 pour 15 ans, oblige EDF à vendre à bas prix, en moyenne 40 euros le mégawatt-heure, un quart de sa production à quelques gros fournisseurs d’énergie comme Engie ou Total. Cette même énergie est revendue aussitôt par ces derniers au tarif dérégulé, qui fluctue d’heure en heure en fonction des disponibilités (ce qu’on appelle « le prix spot »), jusqu’à 500 euros le mégawatt-heure en 2022, profit maximum garanti ! Au même moment, EDF pénalisé par sa production insuffisante, devait acheter à ces prix dérégulés délirants, crise de l’Ukraine oblige, l’électricité manquante pour alimenter le territoire français. Ou comment déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Ces politiques favorables au patronat de l’énergie et ces prix de l’énergie dérégulés sont les ingrédients d’une recette explosive… pour notre portefeuille et notre planète ! À l’heure où les problèmes écologiques et la transition énergétique sont sur toutes les lèvres, cette société capitaliste où rien n’est planifié si ce n’est la course au profit n’a aucune perspective sérieuse à offrir. Arraché aux mains de ces irresponsables, le secteur de l’énergie avec à sa tête de nombreux travailleurs aurait bien d’autres perspectives à proposer.

Nicolas Alset

Source :

https://selectra.info/energie/guides/comprendre/liberalisation

https://fr.statista.com/infographie/28428/evolution-du-prix-de-gros-electricite-dans-pays-europeens-italie-france-allemagne-espagne/