Nouveau Parti anticapitaliste

Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

On sait que, du fait du veto américain, une résolution du Conseil de sécurité visant à admettre les Palestiniens été rejetée. Aussitôt l’Arabie saoudite a exprimé ses regrets en déclarant que « la non-adoption de la résolution permet à l’occupation israélienne de poursuivre ses violations du droit international sans dissuasion et ne rapprochera pas la paix souhaitée ». Même son de cloche du côté jordanien où le royaume hachémite fait part de sa « sincère tristesse ». Ce qui n’empêche ni Ryad, ni Amman d’entretenir des relations diplomatiques et économiques suivies avec l’État sioniste et, de plus, il y a quelques jours, d’être venus à son secours pour intercepter des missiles iraniens. Avec de tels amis, les Palestiniens n’ont pas besoin d’ennemis.

La manifestation « contre les racismes, l’islamophobie et pour la protection de tous les enfants », qui se déroule samedi 21 avril entre Barbès et République, avait d’abord été interdite par la préfecture de police avant d’être autorisée par le tribunal administratif. Une des raisons avancée par le préfet Laurent Nunez pour expliquer sa décision était que « porter l’attention sur les enfants de Gaza, est de nature, eu égard aux tensions actuelles au Proche-Orient […] à porter en son sein des slogans antisémites ». Si l’on comprend bien protester contre le sort réservé aux enfants gazaouis est, peu ou prou, un geste potentiellement antisémite. Mais les laisser se faire massacrer sans rien dire est un exemple de l’humanisme qui anime Munez et ses semblables.

Après les annulations en série des conférences de Jean-Luc Mélenchon et l’interdiction d’un débat sur la Palestine à l’université de Lille, Rima Hassan, juriste franco-palestinienne et candidate sur la liste aux Européennes de la France insoumise, est convoquée le 30 avril par la police pour « apologie du terrorisme ». Des faits survenus, selon la police, entre le 5 novembre et le 1er décembre 2023. La ficelle est un peu grosse. Depuis des mois, ceux et celles qui manifestent leur solidarité aux Palestiniens en général, et aux Gazaouis en particulier, sont accusés de soutenir le terrorisme, voire de propager l’antisémitisme… sans la moindre preuve, mais en fonction de « présomptions ». Rima Hassan, à laquelle nous témoignons notre entière solidarité, est la dernière cible en date de cet arbitraire policier.

Washington a mis son veto au Conseil de sécurité à l’adhésion des Palestiniens à l’ONU. Le projet de résolution présentée par l’Algérie qui recommandait cette adhésion a recueilli 12 votes pour, 1 contre et 2 abstentions (Royaume-Uni et Suisse). L’admission d’un État, à l’ONU doit recevoir une recommandation positive du Conseil, soit au moins 9 voix sur 15 en faveur, sans veto d’un membre permanent, puis être approuvée par l’Assemblée générale, à la majorité des deux tiers. Le vote sans surprise du représentant américain s’explique uniquement par le refus de son allié israélien de toute idée d’État palestinien. Et s’il arrive parfois à l’administration américaine d’évoquer une telle perspective, elle ajoute aussitôt qu’elle devra se faire en accord avec Israël, qui y est farouchement opposé. De ce point de vue la rhétorique de Biden tient du canular.

L’Union européenne vient d’imposer des sanctions contre quatre colons israéliens et deux groupes de militants « extrémistes » pour des violences commises contre des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem. Ces personnes et entités sanctionnées « sont responsables de graves violations des droits humains à l’encontre des Palestiniens », a déclaré le Conseil de l’Union européenne, l’institution qui représente les 27 États membres. Ces violations incluent « des actes de torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que la violation du droit à la propriété et du droit à la vie privée et familiale des Palestiniens en Cisjordanie », a-t-il expliqué. Cibler quelques colons et certaines de leurs organisations permet à Bruxelles de désigner quelques boucs émissaires sans jamais mettre en cause l’État d’Israël et son gouvernement qui sont derrière ces violences, ces tortures et ces meurtres. Dernier exemple en date : à la mi-avril, des centaines de colons israéliens – protégés par l’armée – ont pris d’assaut, pendant trois jours, le village d’Al-Mughayyer, situé près de Ramallah, détruisant de nombreuses habitations, incendiant des voitures et faisant de nombreux blessés. On attend toujours une condamnation de l’Union européenne pour ces exactions et le gouvernement israélien qui les cautionne.

À l’occasion de la « Journée des prisonniers », des rassemblements ont eu lieu dans les grandes villes du territoire, notamment à Hébron, Jéricho, Naplouse et Ramallah. Cette journée résonne particulièrement cette année après l’arrestation de milliers de personnes supplémentaires ces derniers mois. Selon le Club des prisonniers, le nombre de détenus est passé à plus de 9 000 aujourd’hui, contre 5 200 avant le 7 octobre, jour de l’attaque du Hamas en Israël. Sur ce nombre, plus d’un millier sont incarcérés en « détention administrative », un régime permettant à Israël d’incarcérer des personnes sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles. Depuis le début de la guerre à Gaza, les autorités pénitentiaires israéliennes ont annoncé « l’état d’urgence en prison », qui s’est traduit par un durcissement des conditions de détention, dont la fin des visites au parloir. Ce n’est pas la première fois, ni, sans aucun doute, la dernière, que les autorités sionistes violent grossièrement les droits élémentaires des prisonniers palestiniens.

La Cour suprême a ordonné l’expulsion de 35 Palestiniens de leurs maisons – situées dans les quartiers de Silwad et de Sheihk Jarrah – qui ont été attribuées à des membres de groupes d’extrême droite qui militent pour la « judaïsation » de la ville et l’expulsion de ses habitants arabes. Pour ce faire, la Cour s’est appuyée sur une législation datant de 1950 et qui autorise la confiscation de toute propriété ayant appartenu à des réfugiés palestiniens qui ont fui le pays lors de la guerre de 1948. Une législation raciste dans toute sa splendeur.

À l’initiative de l’association « Libre Palestine » Jean-Luc Mélenchon et l’avocate franco-palestinienne Rima Hassan, (en septième position sur la liste LFI aux élections européennes) doivent tenir une conférence sur la situation en Palestine ce jeudi à l’université de Lille. Ce qui a provoqué une supposée indignation d’élus Renaissance, Horizons, Les Républicains et Rassemblement national qui demandent purement et simplement son annulation à l’exemple de ce qui s’est passé récemment à l’université de Rennes et à Sciences Po Bordeaux. Interdire toute voix en faveur de la Palestine, en accusant en plus d’antisémitisme et de discours haineux ceux qui soutiennent le peuple palestinien, est devenue ces derniers mois une pratique courante de la droite, toutes tendances confondues, et du gouvernement alors que nombre de partis de gauche s’abstiennent de protester. Plus que jamais il faut se mobiliser pour défendre la liberté d’expression.

Le gouvernement et la presse allemande ont beau verser quelques larmes face au massacre du peuple palestinien, ils soutiennent pourtant toujours l’État israélien et criminalisent la dénonciation de la colonisation en Palestine. C’est pourquoi, après que les médias ont présenté comme un rassemblement d’antisémites une conférence pour la Palestine qui réunissait durant trois jours plusieurs centaines de participants, la police, bras armé des marchands de canons, s’est permise d’interrompre l’événement et d’arrêter de nombreux participants, parmi lesquels des Juifs qui refusent qu’un génocide soit commis en leur nom. Malgré nos désaccords avec les organisations à l’initiative de cette conférence, tout notre soutien va aux militants et militantes victimes de cette répression.