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Brèves

L’actualité en bref

La Cour suprême a ordonné l’expulsion de 35 Palestiniens de leurs maisons – situées dans les quartiers de Silwad et de Sheihk Jarrah – qui ont été attribuées à des membres de groupes d’extrême droite qui militent pour la « judaïsation » de la ville et l’expulsion de ses habitants arabes. Pour ce faire, la Cour s’est appuyée sur une législation datant de 1950 et qui autorise la confiscation de toute propriété ayant appartenu à des réfugiés palestiniens qui ont fui le pays lors de la guerre de 1948. Une législation raciste dans toute sa splendeur.

Le Parlement géorgien vient d’entamer l’examen d’une loi sur les « agents de l’étranger », qui provoque de grandes manifestations depuis des mois, dont une qui vient de regrouper des dizaines de milliers d’opposants devant le parlement à Tbilissi. Ces derniers considèrent qu’il s’agit d’un outil de répression contre les ONG et les médias indépendants, inspiré par une législation utilisée par le Kremlin depuis des années pour persécuter les voix dissidentes en Russie. Après des manifestations de protestation massives qui avaient été dispersées par la police à coup de gaz lacrymogène et de canons à eau, une première mouture du projet de loi avait été abandonnée en mars 2023. On peut souhaiter qu’il en soit de même cette fois-ci.

Le mois de mars 2024 a été particulièrement meurtrier sur les routes. Au total, 254 morts ont été recensés le mois dernier, soit 31 % de plus qu’en mars 2023. Selon les associations de prévention routière cette flambée des chiffres s’explique par une hausse globale de la vitesse. Mais il n’y a pas que ça. Le système routier français, qui était classé au 1er rang international en 2012 par le Forum économique mondial, est tombé à la 18e place aujourd’hui. En cause : le sous-investissement dans les routes. Selon l’Association des départements de France, on investissait il y a 15 ans en moyenne 4,7 milliards d’euros par an pour les routes départementales contre un peu moins de 3 milliards d’euros aujourd’hui, soit une baisse supérieure à 36 %. Quant à l’État, il investit en moyenne 2 milliards par an, dont une bonne partie dans les autoroutes et projets autoroutiers. Conséquence : 18 % des routes nationales sont en mauvais état et 30,6 % nécessitent un entretien d’urgence, pourcentages qui sont de 10 % et 36 % pour les routes départementales. Pas étonnant dans ces conditions que le nombre d’accidents augmente.

À près de cent jours du lancement des JO de Paris 2024, Emmanuel Macron a reconnu un échec sur l’accessibilité des transports en commun pour les personnes à mobilité réduite dans la capitale. « On n’est pas totalement à la hauteur et au rendez-vous », a-t-il déclaré depuis le Grand Palais. C’est pour le moins un euphémisme. En effet, sur les 16 lignes en activité, une seule, la 14, sera accessible à 100 % pour les handicapés avec des stations annoncées vocalement et des ascenseurs. Pour les autres rien ne sera prêt. Pourtant 4 500 sportifs sont attendus aux Jeux paralympiques du 28 août au 8 septembre et plusieurs dizaines de milliers de visiteurs porteurs d’un handicap devraient figurer parmi les spectateurs. Pour remédier au problème Macron a promis (une promesse qui n’engage que lui) la mise en place de 1 000 taxis adaptés. Quant « à un système d’aménagement pour améliorer l’accessibilité des stations des rames existantes » il sera disponible « dans les prochaines années ». Ou la Saint-Glinglin…

Une manifestation a réuni à Paris lundi soir des travailleurs des secteurs commerce et services qui dénoncent des atteintes au droit du travail dans le cadre des Jeux. À ce propos la CGT a déclaré : « On demande aux salariés de renoncer à leurs congés d’été sans même une contrepartie salariale… on demande à des salariés de province de venir renforcer les effectifs de région parisienne sans même leur assurer un logement décent, on demande aux salariés de travailler le dimanche de juin à septembre, une durée bien plus large que les Jeux olympiques. » Mais il faudra sans doute beaucoup plus que « la table ronde » que demande le syndicat pour faire reculer patronat et gouvernement sur la question.

Le PDG de Stellantis (PSA, Fiat et Chrysler) va toucher le pactole de 36,5 millions d’euros pour 2023, 42 millions avec les à-côtés. Il gagne plus en une journée qu’un salarié en un an ! Des sociétés de conseil ont suggéré aux actionnaires – qui se partagent la coquette somme de 7,7 milliards de dividendes – de voter contre ce salaire somptuaire, tellement indécent qu’il pourrait réveiller la colère des travailleurs… Et pour cause ! Tandis que les actionnaires empochent des sommes ahurissantes et récompensent grassement le PDG, Stellantis licencie des milliers de salariés aux USA, en Italie et s’apprête à fermer l’usine de Hordain. Contre les actionnaires et leur serviteur Tavares, il faut que la colère explose !

Lancée il y a un an par Gérald Darmanin, la première opération Wuambushu (« reprise », en mahorais) contre l’émigration clandestine avait été sévèrement condamnée par les associations de défense des droits humains. Le ministre de l’Intérieur remet le couvert. Il vient d’annoncer le déclenchement d’une deuxième opération, baptisée cette fois « Mayotte place nette », destinée à « la lutte contre l’immigration irrégulière et la délinquance à Mayotte ». Elle durera plusieurs semaines, jusqu’à la fin juin, mobilisant au total, avec un roulement, 1 700 membres des forces de l’ordre. En mer, un bateau devrait aussi être déployé dans le canal du Mozambique pour bloquer le trafic migratoire depuis les Comores. La première opération avait surtout consisté à détruire des bidonvilles et des cases et à procéder à 25 000 expulsions de personnes en situation irrégulière… dont certaines sont revenues depuis sur l’île. Ces persécutions anti-migrants, fortement médiatisées, n’améliorent en rien le sort de la population du département le plus pauvre du pays.

Emmanuel Macron a justifié sur BFMTV-RMC la différence de traitement appliquée aux Jeux olympiques et paralympiques entre la Russie, exclue pour avoir envahi en Ukraine, et Israël qui sera présent malgré son invasion de Gaza et le massacre de plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens. En février dernier des députés insoumis et écologistes avaient réclamé en vain au Comité international olympique « d’appliquer à Israël, lors des prochains Jeux olympiques, les mêmes sanctions qu’à la Russie et au Bélarus ». Mais selon Macron, la Russie est un « agresseur » alors qu’Israël « s’est fait agresser ». Une distinction subtile qui permet dans un cas de condamner des massacres et dans le second de les justifier.

La députée Renaissance du Nord, Violette Spillebout, se dit « choquée » par des affiches des jeunesses communistes lilloises ciblant plusieurs personnalités politiques dont notamment Raphaël Glucksmann (Place publique), Éric Ciotti (Les Républicains) ou encore Victor Catteau (Rassemblement national) qui ont soutenu le récent accord de sécurité entre Paris et Kiev. « Qui va aller mourir en Ukraine ? » questionnent les affiches en question en affichant le portrait des hommes politiques qu’elles dénoncent. Et elles affirment en outre : « Va-t-il aller faire la guerre ? », « Il veut envoyer des enfants d’ouvriers à la guerre. » L’élue macroniste a dénoncé « une campagne de haine ». Le coordinateur du comité exécutif national du PCF, Igor Zamichiei, l’a rejoint en désavouant ses propres jeunes camarades. Il a ainsi qualifié cette campagne d’« inadmissible » et « insultante ». De son côté, Noam Peter, secrétaire fédéral des jeunes communistes du Nord, a expliqué que ces affiches ciblaient « les élus qui ont engagé la France dans une escalade guerrière » en poursuivant : « Nous souhaitions mettre en exergue que ceux qui décident la guerre ne sont pas ceux qui la font. Ce n’est pas une campagne de haine, c’est une campagne de choc. » Bien dit…